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Histoire de Lièpvre de 1870 à 1945

Avertissement :

Je ne suis pas l’auteur de l’essentiel de l’article ci-dessous. Cet article était à la page de Lièpvre, sur wikipedia, mais a été supprimé car jugé trop généraliste et redondant avec l’histoire d’Alsace.
Le lecteur jugera.
J’ai ajouté un paragraphe concernant la voiture des cinq évadés du Struthof pour lequel j’ai recueilli plusieurs témoignages concordants.
Ces témoignages indiquent le chemin derrière la ferme du Chalmont sans que l’endroit exact me soit précisé,

Article mis en ligne le 22 septembre 2015
dernière modification le 9 octobre 2015

par JD Webmestre
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Sommaire

La guerre de 1870
La première guerre mondiale
Les pénuries
L’armistice
La Deuxième Guerre mondiale
Ruse, résistances et solidarités face à l’occupant.
La libération de Lièpvre par les troupes américaines
Une voiture en panne sèche

La guerre de 1870

Au cours de la journée du 23 août 1870, des perturbations en tous genres dans les voies de transport, résultant de la guerre, se sont étendues dans toute la vallée : la voie ferrée qui venait juste d’être inaugurée depuis quelques années n’est plus en service. Le service des dépêches doit se faire de nouveau comme autrefois par voiture ordinaire à travers les routes des montagnes, et le courrier met souvent trois ou quatre jours pour arriver à destination. De même les journaux en provenance de Paris mettent plusieurs jours à arriver dans la vallée. Le 25 août 1870, un habitant de Lièpvre fait le récit suivant : cernés, pour ainsi dire, de toutes parts, nous ne recevons plus ni houille, ni laine. Plus rien n’arrive. Nous sommes comme au séquestre. Nos voisins de Val de Villé ne sont pas sur des lits de roses, tant s’en faut ! Le château de monsieur de Castex a été dévasté. Les Prussiens ont tout brisé, laissant couler des flots de vin dans les caves. On m’assure que plusieurs habitants de Neubois, Thanvillé et Saint-Maurice ont été fusillés. Toutes les populations de ces localités se réfugient à Lièpvre. C’est vraiment triste à voir. Samedi dernier, on comptait au moins 300 familles venues du Val de Villé. Les femmes et les enfants sont retournés dans leurs villages, mais les hommes ne les y ont pas suivis, dans la crainte d’être contraints par les Prussiens à travailler aux tranchées du siège de Strasbourg. Jusqu’à présent les Prussiens n’ont pas encore foulé le sol du Haut-Rhin ; ils viennent jusqu’aux limites du Bas-Rhin et pas plus loin. Les paysans du Val de Villé ont tué aux Prussiens 50 à 60 soldats, aussi l’ennemi est-il enragé contre eux. On assure qu’il a tué même des enfants. On ajoute que les Prussiens ont reçu un renfort de 1500 hommes au Val de Villé, et qu’ils réclament 1000 citoyens français pour travailler aux tranchées de Strasbourg. Cela n’est plus une plaisanterie d’être forcé de travailler contre des frères ou de mourir comme des lâches, car personne n’a d’armes. Après l’annexion de l’Alsace à l’Empire allemand en 1871, les industriels de la vallée doivent trouver de nouveaux débouchés, car les marchandises exportées vers la France sont lourdement taxées. Afin de compenser la perte de la clientèle française, les frères Dietsch qui disposaient d’une usine à Lièpvre se lancent dans la fabrication de draps pour vêtements d’hommes. Au prix d’efforts importants, ils installent des ateliers de tissage mécaniques où vont travailler de nombreux drapiers. Cette adaptation à la réalité économique leur sera profitable, puisque cette décision leur permettra de se hisser à un haut niveau de perfection. La production est écoulée en priorité vers le marché allemand, mais aussi vers l’Europe. Pour garder une importante clientèle française, les frères Dietsch vont créer une autre usine à Saint-Dié-des-Vosges. Son directeur, Jacques Dietsch qui avait conservé la nationalité française résidera tantôt à Saint-Dié ou Paris.

La première guerre mondiale

Le premier août 1914 est donné l’ordre de mobilisation générale. Les autorités militaires demandent à la population de creuser des tranchées près de la frontière. Toute correspondance avec la France ou la Russie est supprimée. Le 21e corps de l’armée française pénètre dans les Vosges et atteint les cols en vue d’observer les positions de l’armée allemande. De l’autre côté de la frontière, sur le versant alsacien le 15e corps de l’armée allemande en fait de même. Le gouvernement français ne voulant pas être accusé d’être responsable des opérations de déclenchement des opérations militaires demande aux troupes françaises de s’éloigner de la frontière. Les Allemands en profiteront pour occuper les cols et prendre position sur les hauteurs. Des patrouilles allemandes font à plusieurs reprises des incursions sur le territoire français, sans que l’armée française ne riposte. Cependant de petits détachements français, malgré l’interdiction formelle des autorités, patrouillent le col de Sainte-Marie-aux-Mines. Le 3 août 1914 un premier accrochage intervient entre des patrouilleurs français et allemands. Un soldat français, Noël Desprets trouvera la mort au-dessus du col de Sainte-Marie-aux-Mines. Le même jour à 17 heures, l’Allemagne déclare la guerre à la France. La France annule son dispositif antérieur qui voulait que son armée ne prenne pas position près de la frontière et s’y retire à moins de cinq kilomètres à l’intérieur de ses frontières. La ligne « bleue » des Vosges devient l’objectif à atteindre pour libérer les anciennes provinces annexées depuis 1871. Les premières escarmouches démarrent ainsi dans le secteur est. Les Allemands sont délogés de la crête des Vosges et quelques détachements français arrivent même à se faufiler dans la vallée, mais sont toutefois délogés par les Allemands. Les combats se poursuivent les jours suivants qui sont toujours aussi meurtriers. Le lundi 10 août, les Allemands réquisitionnent tous les hommes valides de Sainte-Croix-aux-Mines et Lièpvre pour transporter des caisses de munition au front. Une partie se dirige vers la Goutte des Pommes, d’autres sont obligés d’enterrer les morts au col de Sainte-Marie. Le 14 août, les Bavarois au nombre de quatre mille venus en renfort s’installent à Lièpvre. Ils sont cantonnés chez l’habitant qui doit les nourrir. Des patrouilles circulent dès 20 heures et arrêtent les gens en les menaçant. Le 16 août 1914, Ernest Chamley est nommé maire de Lièpvre. Le 16 août les Français arrivent à percer les lignes de front et arrivent de tous les côtés. Les chasseurs alpins français arrivent à la gare de Sainte-Marie-aux-Mines et prolongent leur offensive jusqu’à Sainte-Croix-aux-Mines qu’ils atteignent à 19h30. Les premiers hussards français arrivent à Lièpvre le 17 août. Le lendemain, ils tombent dans une embuscade des troupes bavaroises dans la forêt de La Vancelle-Neubois. Les Français perdent jusqu’à 78 hommes et les Allemands 45. Le 18 août, l’infanterie prend position autour de Lièpvre. Le 19 août de bonne heure, les Bavarois reprennent Lièpvre. L’après-midi, ils se rendent à Musloch où ils incendient cinq fermes sous le prétexte qu’on a tiré sur eux. La mairie met en place un service sanitaire pour secourir les blessés. L’usine Dietsch est réquisitionnée servir d’hôpital. On y installe des lits. On réquisitionne les voitures pour ramener les blessés, puis une partie des estropiés est évacuée vers Sainte-Croix-aux-Mines. Les jeunes filles du village se mettent à la disposition du dispensaire ambulant pour soigner les blessés. Dans la journée de 26 août 1914 des quantités de voitures de munitions et différents bataillons allemands passèrent par Lièpvre pour se rendre sur le front vers Sainte-Marie-aux-Mines où se déroulaient de violents combats. De nombreux soldats épuisés sont pris en charge par la population. Les jours suivants, les troupes allemandes parviennent à percer l’offensive française et à prendre position à l’intérieur du territoire français.

Les pénuries

La guerre se prolongeant, les habitants ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts du fait de l’augmentation considérable des prix et de la pénurie. En février 1915, la ration de pain est fixée à 2 kg par personne et par semaine. En février 1916, la ration est réduite à 1 900 grammes. Du fait de l’adjonction de féculent dans la composition de la farine, la qualité du pain devient de plus en plus mauvaise. La viande est également restreinte. Vers 1917, chaque personne a droit à 150 grammes par semaine, puis un an plus tard la quantité est réduite à 50 grammes. Depuis 1915, les Allemands réquisitionnent dans chaque ferme les peaux du bétail, puis on récupère les vieux pneus et chambres à air. À partir de 1916, on assiste à une pénurie de lait et on supprime la distribution de pétrole. En février, les usines textiles travaillant pour l’armée allemande sont tenues d’envoyer leur matière première en Allemagne et de ne point les utiliser pour les machines. Au mois de mai, les Allemands exigent que les paysans remettent la moitié de leur bétail à l’Allemagne. En avril 1917, l’église de Lièpvre est tenue de descendre ses cloches pour être fondues afin de fabriquer de nouvelles armes qui seront rendues le 20 janvier 1920. La même année, les combustibles deviennent de plus en plus rares et surtout inabordables pour la plupart des habitants de la vallée. L’inflation devient galopante et cette situation va s’empirer en 1918.

L’armistice

Le 28 octobre 1918, les Allemands acceptent les 14 points de Woodrow Wilson dont l’un prescrit le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France. Les Allemands commencent à évacuer petit à petit la vallée de la Liepvrette. La vallée tout entière se prépare à accueillir avec joie les troupes françaises et des drapeaux tricolores sont confectionnés à la hâte et en secret. Le 7 novembre les Allemands commencent à retirer le matériel de guerre. Le 10 novembre des rumeurs parviennent selon lesquelles le Kaiser a abdiqué et que les Allemands ont accepté les clauses de l’armistice. Les jours suivants les troupes allemandes quittent la vallée. Ils prennent le train à Lièpvre qui se dirige à Ribeauvillé puis vers Schonau où elles franchissent le Rhin. Le 17 novembre les français commencent à apparaître dans la vallée en empruntant le chemin de la Hingrie. Ils occupent Lièpvre le même jour. Le 30 novembre, le général Bourgeois, originaire de Sainte-Marie-aux-Mines devient gouverneur militaire de Strasbourg. Le 15 novembre 1925 a lieu l’inauguration du monument aux morts de Lièpvre en présence des plus hautes personnalités de la vallée. Ce monument sera érigé en mémoire des 48 personnes originaires de Lièpvre mortes sur le champ d’honneur ainsi que les 6 victimes civiles. Assistaient à cette cérémonie d’inauguration, le général Bourgeois, sénateur du Haut-Rhin et ancien maire de Sainte-Marie-aux-Mines, le général d’Armau de Puydraguin, président du Souvenir français d’Alsace, le général Tabuis, le commandant Loth et le sous-préfet de Ribeauvillé, Francis Koenig, conseiller général, les maires de Sainte-Croix-aux-Mines et Rombach-le-Franc. Parmi les personnalités de Lièpvre, on constate la présence de Monsieur Dietsch, industriel et d’autres personnes de la commune.

La Deuxième Guerre mondiale

Les français installeront un barrage a l’entrée de Lièpvre avec des mitrailleuses un mortier et une chenillette (char). Les Allemands occupent Lièpvre dès le 19 juin 1940 qui est aussitôt rebaptisé "Leberau". Le personnel administratif est remplacé par des hommes dévoués à la cause du national-socialisme. Les maires et parlementaires sont tenus de démissionner de leurs mandats à partir du 19 mars 1941.Les enseignants doivent suivre des stages de propagande idéologique (Umschulung). Les fonctionnaires doivent signer une déclaration d’allégeance au régime nazi.La langue française est bannie de toutes les écoles. Les Français reculent en direction du col de Fouchy en faisant sauter la route au niveau du virage derrière le lieu-dit appelé la Rochette. La route devient alors impraticable. Pour contourner l’obstacle, les Allemands se rendent alors vers le vallon de la Hingrie où se trouvent encore des éléments de l’armée française. Un feu nourri accueille les troupes allemandes qui ripostent. Mais les Allemands prennent aussitôt le dessus et contrôlent entièrement le vallon de la Hingrie. Rombach-le-Franc et Lièpvre sont entièrement entre leurs mains. Un décret du 2 août 1940 place l’ensemble de l’administration civile sous l’autorité militaire allemande qui nomme ensuite le Gauleiter Wagner. L’Alsace est rattachée de fait au "Gau Baden-Elsaß1". Le Gauleiter 2 Wagner expulse dès le 21 juin 1940 le préfet du Haut-Rhin et ses principaux collaborateurs. Toutes les administrations françaises sont rattachées aux administrations allemandes. L’allemand devient obligatoire dès le 16 août 1940 sauf dans les villages alsaciens francophones où des cours d’allemand sont dispensés dès septembre 1940. Le français est toléré dans les régions francophones d’Alsace, jusqu’au 1er janvier 1943. Le 16 décembre 1940 les habitants de la vallée jugés trop francophiles par les Allemands, ou des handicapés moteurs ou mentaux sont expulsés en zone libre.. L’Alsace et la Moselle sont annexées par le Reich allemand le 28 novembre 1940. Dès l’occupation allemande quelques habitants de la commune n’acceptant pas cette occupation commencent à monter des opérations de sabotage pour freiner l’avancée fulgurante des troupes ennemies. Quelques habitants se concertent pour apporter leur aide aux personnes recherchées. Des réseaux clandestins se mettent en place. Lièpvre deviendra un point de chute pour de nombreux Alsaciens qui ne veulent pas s’engager dans l’armée allemande, mais aussi pour les fuyards et prisonniers de guerre. En concertation avec des habitants de Rombach-le-Franc, bourg distant d’à peine de 2 km avec Lièpvre des filières vont se mettre en place. Des habitants de la Hingrie et de la Chambrette vont servir de relais pour de nombreuses opérations de rapatriement dans la zone libre en accord avec des habitants de Lièpvre qui les guident jusqu’à la montagne. La plupart des évadés trouvent refuge au café « À l’arbre vert » tenu par Louis Balland et sa femme Lucie, de même qu’au restaurant « Au tonneau d’Or » dont le propriétaire est Raymond Baradel et sa femme Irma. Auguste Hinsinger de Lièpvre guidera aussi des prisonniers à travers les petits sentiers de Rombach-le-Franc pour les placer en lieu sur chez des personnes de confiance. Les prisonniers ou les fugitifs voulant échapper à la conscription obligatoire vont avoir recours à des passeurs ou des filières clandestines. Avec l’introduction du RAD (Reichsarbeitsdienst = service national du travail) imposé autoritairement le 8 mai 1941 pour les garçons et les filles de 17 à 25 ans, suivi du service militaire obligatoire (Wehrpflicht) le 28 août 1942 une grande partie de la population bascule dans la résistance passive. Les jeunes gens à partir de 1941 ne se font guère d’illusions sur les motivations du régime nazi. Ils savent que la RAD est le prélude à l’incorporation dans la Wehrmacht. On assiste alors à de nombreuses désertions. Mais pour contrer les désertions, les familles des déserteurs sont jugées collectivement responsables suivant une ordonnance du 1er octobre 1943 et risquent d’être déportées. À Lièpvre une trentaine de jeunes gens s’échapperont en se rendant en zone libre ou en se cachant dans des fermes de la région. Au début les appelés décidèrent de refuser une fuite vers la France, mais ils furent contraints d’admettre l’évidence, étant sujets à la loi martiale et à la peine de mort. Ceux qui refusaient de porter l’uniforme allemand furent exécutés, leurs biens saisis et leurs familles déportées bien souvent en Silésie ou en Allemagne de l’Est. Les recrues sont le plus souvent envoyées sur le Front russe où se trouvent déjà les membres de la L.V.F (Légion des volontaires français)qui combattent les communistes en Russie. Les Russes ne faisant aucune différence entre les Français de la LVF et les alsaciens enrôlés de force dans la Wehrmacht, les considéraient comme des traîtres et les tuaient systématiquement ou les faisaient prisonniers. Souvent ils atterrissaient dans le camp de Tambov, aussi connu comme le camp no 188, situé à 430 km au sud est de Moscou. Au début un certain nombre de prisonniers sont répartis en Biélorussie, en Sibérie et d’autres en Asie centrale. Un regroupement sur Tambov s’est fait ultérieurement. Des milliers de familles perdirent toute trace de leurs fils ou de leurs pères dans l’anonymat le plus complet. Sur les 120 jeunes gens incorporés de force pour le seul village de Lièpvre, 25 d’entre eux ne reviendront jamais.

Ruse, résistances et solidarités face à l’occupant.

Auguste Hinsinger de Lièpvre, un des principaux initiateurs de la filière de passeurs de Lièpvre et Rombach-le-Franc, avait un ancien camarade de la Marine, un alsacien entré au service de la Gestapo. Un soir alors que ce dernier se trouvait à Lièpvre pour préparer une action de la Gestapo, Hinsinger l’invita à manger à la maison puis à boire au restaurant "Au tonneau d’Or" tenu par Raymond Baradel (lui aussi dans la Résistance) ceci afin de saouler cet ancien compagnon pour lui soutirer des informations. Le collaborateur portait une sacoche dans laquelle se trouvaient probablement des renseignements sur les actions à venir. Hinsinger, Baradel, sa sœur et plusieurs autres résistants réussirent à subtiliser un temps la sacoche pour y trouver des documents indiquant que le lendemain matin, le 10 juillet 1942, la Gestapo effectuerait des arrestations dans les alentours. Ils recopièrent alors la longue liste de noms des personnes qui devaient être arrêtées et chargèrent un voisin, M. Schaetzel, d’aller avertir immédiatement les intéressés. Ainsi, grâce au courage de ce groupe de résistants, ces personnes purent prendre des dispositions pour échapper aux rafles de la Gestapo, sauf Robert Herment de Sainte-Croix-aux-Mines qui fut envoyé au camp de Schirmeck où il resta plus de deux ans.
Dès le début de l’occupation allemande on assista dans la vallée à une véritable chaîne de solidarité pour venir en aide aux personnes poursuivies par les autorités civiles et militaires liées au régime nazi. Des caches sûres et efficaces furent mises en place ; dans la région de Lièpvre, un habitant fit creuser dans la forêt des galeries souterraines pouvant abriter une trentaine de personnes ; de nombreuses personnes dans des fermes hébergèrent et nourrirent de nombreux évadés et fugitifs ; l’un des ouvriers de la scierie d’André Ottenwaelder du Val de Villé domicilié à Lièpvre convoya régulièrement des évadés jusqu’au "Café de la Paix" des époux Joseph Guerre à Rombach-le-Franc.

La libération de Lièpvre par les troupes américaines.

La résistance allemande donnant beaucoup de fil à retordre, les Américains décident de contourner l’obstacle en se dirigeant vers la plaine d’Alsace afin de prendre à revers les troupes nazies cachées à Lièpvre. Deux bataillons de la 36e division d’infanterie sous le commandement du lieutenant général Alexander Patch traverseront la vallée : la 3/142 située au sud et la 2/142 située au nord. Le 142 nd Infantery Regiment sera chargé de « nettoyer » le secteur pour permettre aux troupes américaines de prendre le contrôle de Lièpvre. Cette division est commandée par le Major général John E.

Le massif vosgien en novembre 1944 était bien gardé et constituait pour les Américains un véritable obstacle compliqué encore par les rigueurs de l’hiver. La pluie, le froid, le brouillard et la neige en altitude entraveront la progression des troupes américaines. Par ailleurs la Liepvrette était en crue. Le mardi 28 novembre 1944 à 10 heures un bataillon américain longeant le Taennchel arrive au Schaentzel, puis s’empare par surprise du château du Haut-Kœnigsbourg. C’est un poste d’observation idéal pour surveiller l’entrée de la vallée de la Liepvrette. La Wehrmacht tentera par tous les moyens de reprendre ce haut symbole de la présence allemande en Alsace. Dès le 26 novembre une autre unité américaine s’engage vers le chemin du Creux-Chêne et de la Goutte Martin pour prendre position sur les hauteurs de Grandmont et de la Chambrette d’où ils espèrent prendre à revers les troupes de la Wehrmacht établies à Rombach-le-Franc et Lièpvre. L’état-major allemand avait choisi Lièpvre comme point stratégique pour sa zone de défense. Une unité de pontonniers, l’"Einheit Bahr" était arrivée depuis octobre 1944 pour renforcer le dispositif de défense avec l’aide d’hommes de troupes fraîchement débarqués à cet effet. Ils formeront deux barrages anti-chars. Le premier d’une centaine de mètres coupait la vallée sur toute sa longueur depuis la scierie Keck jusqu’au chemin du Creux-prés. L’autre barrage était situé au faubourg de Sélestat. On relève également des barricades, au faubourg de Sainte-Marie-aux-Mines et sur la route de Rombach-le-Franc et dans le village même au croisement de la rue Clemenceau et de la rue de la gare. Une ligne de défense permettant de suivre facilement les mouvements de troupes est édifiée à partir de l’usine Bresch. Elle passe par la colline du Kast en dessus du Chalmont et l’entrée de la forêt domaniale de La Vancelle et le faubourg de Sélestat. Un autre retranchement est aménagé sur le versant opposé à Ménabois ainsi qu’en aval de Bois-l’Abbesse. Quelques jours avant la libération de Lièpvre les Américains essayent de toucher le P.C. allemand installé au "Chalet Dietsch". Des tirs de gros calibre endommagent l’école et d’autres maisons mais n’atteignent pas leur but. Dans la nuit du 26 au 27 novembre des unités allemandes arrivées en renfort se rendent à Musloch pour retarder l’avance des troupes américaines. Ils font sauter le grand pont qui enjambe la Liepvrette en se retirant du hameau. Dans la matinée du 28 novembre 1944, des Américains venus de la Chambrette prennent position à la Collinière d’où ils pilonnent les positions défendues par les Allemands retranchés au Kast. Les Américains parviennent cependant à défoncer les lignes de défense allemande établies dans le village de Lièpvre, mais sont stoppés par une large et profonde tranchée. Vers 10 heures une compagnie du génie américain établit un pont métallique en essayant de prendre à revers les positions allemandes retranchées au Kast. Les Américains subissent de nombreuses pertes provoquées par des feux nourris de mortiers et de lance-grenades. Pour parvenir à desserrer l’étau, les Américains mettent en action des batteries de mortiers. Lièpvre subit de gros dégâts. On assiste encore pendant la nuit du 28 novembre à des tirs sporadiques. Le village a beaucoup souffert des combats : les Américains ont tiré sur l’école, les Allemands en se retirant ont fait sauter cinq ponts et brûlé des maisons en bas de la rue de Hoimbach. L’usine Dietsch a aussi été incendiée. Les soldats allemands avaient dressé des barrages antichars dans le village. Le premier, près de la scierie Keck, était long d’une centaine de mètres coupant la vallée sur la route sur toute la largeur, jusqu’au chemin du Creux-Prés. L’autre était situé au niveau du faubourg de Sélestat. Outre des tirs d’artillerie, il y eut aussi des combats dans le village. Un soldat américain est abattu par un tireur allemand sur la route de Rombach-le-Franc, tireur qui est tué à son tour. Les chars américains sont arrivés à Lièpvre par le Hoimbach. En arrivant, les soldats américains visitaient les maisons en demandant : "No boches ?". Pour leurs blessés, ils avaient transformé la gare en hôpital. Une quinzaine d’Allemands sont tués lors des combats pour la libération de Lièpvre. La population civile a aussi souffert. Route de La Vancelle, un enfant de 13 ans, Auguste Mosser, est tué par l’explosion d’un obus de bazooka, avec lequel il s’amusait. Deux autres personnes ont également trouvé la mort : MM Idoux et Marchal. Le village n’est finalement libéré que le lendemain matin à 6h30. Le village n’a plus d’électricité. Il faudra attendre le début de l’année 1945 pour que le village retrouve à nouveau la lumière.

Une voiture en panne sèche

C’est sur le chemin de la ferme du Chalmont à LIEPVRE que la voiture des cinq évadés du camp du Struthof fut retrouvée en panne sèche le lendemain. (N 48°16’38.5" E 007°17’18.9") à une heure où ils étaient déjà du coté de Saint Léonard dans les Vosges....

Pour mémoire il s’agissait de :
Martin Winterberger, résistant alsacien employé à la blanchisserie ; Karl Haas, déporté autrichien, responsable du garage des officiers SS ; Joseph Mautner, commandant tchécoslovaque ; Joseph Cichosz, un ancien légionnaire français, combattant de la guerre d’Espagne ; enfin, Alfons Christmann , déporté politique allemand.

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